Bike and Fly Mont-Blanc 2014


Ma saison de guide estivale 2014 arrive a sa fin et se termine sur une belle aventure avec Alex Unzi. Coureur et cycliste confirmé, Alex revient de loin. De passage en Suisse, Alex tombe malade. Verdict : il a un lymphome. Il devra passer par une chimiothérapie et une greffe. Il aura une rechute et se trouve maintenant en total rémission. Suite à cela, Alex commence à courir, dévore la vie, et se trouve une nouvelle passion au travers de la montagne qu’il découvre en Suisse. C’est à cette occasion que je le rencontre et que je gravis le Mont-Blanc avec lui durant l’été 2013. Avant notre rencontre, il avait déjà gravi le Kilimandjaro et le Cervin, et couru le marathon de Genève en 2:30! Pas mal pour un ex-malade ! 

Une année a passé depuis notre ascension du Mont-Blanc. Nous devions aller à l’Eiger fin août, mais la neige trop abondante nous a obligés à modifier nos plans. 

Je ressors alors de mes cartons un vieux projet qui me tient à cœur depuis longtemps. Même s’il a déjà été fait, l’envie de partir à vélo de Genève, gravir le Mont-Blanc puis revenir à vélo me tente beaucoup. Partager cette aventure est essentiel pour moi. J’avais déjà lancé l’idée à plusieurs personnes : l’envie était là, mais souvent le manque de disponibilité ou la taille du projet en a freiné plus d’un. Lorsque j’ai parlé de cette idée un peu folle à Alex, ses yeux se sont illuminés. Il était prêt pour se lancer dans l’aventure.

Il nous restait à trouver la fenêtre météo propice à notre projet. Le créneau est court car la saison est déjà bien avancée. Alex est à L’Elbrouz début septembre, et je suis aussi passablement occupé. Je profite néanmoins de la journée du 15 septembre pour effectuer une reconnaissance, seul, depuis le Fayet jusqu’au sommet du Mont-Blanc. 9:15 plus tard, j’atteins le sommet depuis lequel je m’envole en parapente. Le projet est réaliste, nous pouvons le faire en moins de 20 heures, et  en portant tout le matériel nécessaire depuis Genève.

Début octobre, la météo est idéale pour se lancer. Nous mettons rapidement le projet en route. Il nous faut préparer les vélos (mis à disposition par le magasin Strommer-BMC de Genève), faire les sacs – les plus légers possible – en choisissant avec rigueur nourriture, vêtements et matériel technique, sans oublier le parapente biplace!

Sur la balance, les sacs pèsent 9kg chacun. Dans l’un le parapente biplace et dans l’autre, le reste de notre matériel. Crampons, 10m de cordelette, barres énergétiques, boisson, veste duvet, sur-pantalon Gore-Tex, un bonnet, une paire de gants, un appareil photo, des lunettes de soleil et des bâtons. Une parfaite connaissance du terrain et une bonne condition physique nous permettent de nous engager sans plus d’équipement. Le terrain reste cependant de la haute montagne et nous devons rester vigilants!1Le départ se fait à minuit du Jet d’Eau de Genève. Une voiture d’assistance nous accompagne, afin de faire quelques photos et mettre nos magnifiques BMC SLR 01 en sécurité lorsque nous serons au Fayet. Les 66km sont avalés en 2:30. Nous sommes dans les temps. Nous n’avons heureusement pas été trop dérangés par le poids des sacs.23:00, nous quittons le Fayet pour suivre la voie de chemin de fer qui mène au Nid d’Aigle. Marcher dans le ballast de chemin de fer est passablement rébarbatif et ennuyeux, mais cela reste la voie la plus rapide. Au lever du jour, nous arrivons à la cabane des Rognes à 2768m: 2200m de dénivelé déjà effectués et  une distance de 14km parcourue. La faim commence à se faire sentir et nous avons déjà considérablement entamé nos barres énergétiques. Le point de ravitaillement n’est heureusement plus trop loin, encore 1100m d’ascension. Un rapide arrêt à la cabane des Rognes où des Russes nous servent un thé chaud et nous offrent pain et fromage (plus que bienvenus). Mais la pause est courte : nous filons déjà vers le refuge du Goûter pour faire le plein d’énergie. Nous chaussons les crampons pour la traversée du couloir et gagnons l’arête qui est relativement sèche! Nous croisons alors quelques alpinistes qui peinent un peu à croire lorsque nous leur donnons notre parcours. Il nous reste 1 litre à boire et deux barres: nous sommes en manque énergétique, vivement le refuge ! Les derniers câbles et la carcasse du vieux Goûter se profilent devant nous. La délivrance est proche.

Sur l’arête, le soleil vient nous tenir compagnie. Il fait chaud pour la saison et les conditions sont idéales pour nous. Dix minutes nous séparent du nouveau refuge du Goûter. Le refuge est fermé depuis deux jours, mais normalement les gardiens y sont encore. C’est ce que nous croyons… car on me l’avait confirmé par téléphone deux jours auparavant. Devant la porte, pas un sac, un silence étrange, un gros doute s’installe en moi. J’appelle le gardien directement sur son portable et il me confirme ce que nous ne voulions pas entendre. Les gardiens sont déjà descendus la veille en hélicoptère ! C’est une bien mauvaise nouvelle, car nous nous trouvons sans boisson et sans nourriture pour achever notre ascension. Nous faisons une rapide vérification du restant de nos provisions: toujours 2 barres énergétiques et 1 litre de boisson. Avec les efforts que nous avons fournis jusqu’à présent, je doute que cela suffise pour aller au sommet. 45Qu’importe, nous allons déjà essayer de rejoindre le Dôme du Goûter. Nous verrons bien, mais le bateau prend l’eau, c’est certain. Il nous faudra une heure trente pour rejoindre le Dôme, un temps normal pour une cordée peu acclimatée. Le soleil est bien présent, l’avantage est que nous n’avons pas froid. Le revers de la médaille est que le temps passe et que la chaleur nous déshydrate encore plus. Il est maintenant 12:30, la neige est molle et nous voyons notre objectif nous échapper. Il est clair que nous n’avons pas assez de boisson et d’énergie pour atteindre le sommet dans de bonnes conditions. Sécurité avant tout, cela reste un jeu. A ce rythme il nous faudrait 3:30 heures pour atteindre le sommet. Nous préférons donc revenir l’an prochain! Il est temps de faire une pause, boire ce qu’il reste  - pas grand chose – et préparer notre parapente. Bien que très faible, le vent est idéal, et nous en profitons pour décoller.67Nous n’avons pas atteint notre objectif comme nous l’aurions souhaité, mais c’était une très belle aventure, humaine avant tout. En attendant, Alex va se mettre au ski cet hiver. J’ai hâte de pouvoir l’emmener pour sa première rando. Il est originaire d’Ouganda, et ce n’est pas tous les jours que l’on croise des Africains en montagne!8Conclusion : Notre erreur a été de sous-estimer l’apport nutritionnel et de ne prendre que   des barres en quantités insuffisantes, à force de vouloir gagner du poids. Prendre du pain complet et de la viande séchée nous aurait été aussi très précieux. Entre le NiceTea et ses boissons protéinées les fameux « smoothies » de BEODRINX.CH et les barres ALMONDGY,  le tout bio était un peu trop extrême pour ce projet. Un bon test sur ces produits qui fonctionnent à merveille. Mais sur de gros efforts, un mélange plus équilibré avec du solide pour la faim ainsi qu’un peu de RAGUSA  nous ont cruellement manqué pour nous réconforter. Cela dit, pas de problème d’estomac ou d’acidité. Pas de  courbatures ou de douleurs musculaires après l’effort. Juste un mauvais concours de circonstances pour notre ravitaillement au refuge du Goûter, puisque les gardiens sont redescendus un jour plus tôt. Question de timing et de manque de chance. A 24h prêt nous aurions pu faire le plein de boisson et de nourriture et continuer sans soucis.  

Merci à PEAK PERFORMANCE qui me supporte depuis plus de douze années et qui a eu la gentillesse d’équiper Alex pour cette aventure. STROMMER-BMC et les incroyables vélos qu’ils nous ont mis à disposition. BMC SLR 01 pour Alex et BMC GF 01 pour moi… que du bonheur de pédaler. Les chaussures de montagne aux pieds ne nous ont même pas gênés et nous ferons pareil la prochaine fois. Prendre une frontale plus puissante pour éviter les nids de poule sur la route sera une bonne chose aussi ! Un grand merci à PASSE MONTAGNE GENEVE partenaire de SPORTQUEST et PPC qui n’hésite pas à donner un coup de main à chaque fois qu’ils le peuvent! Et pour finir à Séverine et ses parents qui nous ont suivis cette nuit là et jusqu’à notre retour !

Rendez-vous l’année prochaine ! Vous pouvez suivre les aventures d’Alex sur son blog : http://unzi10.blogspot.ch. Suite à son cancer, Alex s’implique dans différentes fondations à titre de bénévole. Que cela soit pour récolter des fonds ou pour aider dans le terrain. N’hésitez pas à soutenir sa dernière action au travers de la fondation MAKE A WISH


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